Incendies incontrôlables en Europe : l’UE mobilise ses ressources face à la crise climatique

L’Europe brûle sous une chaleur extrême. Depuis début juillet, des feux de forêt ravagent le Portugal, l’Espagne, la France et la Grèce, consumant environ 20 000 hectares et contraignant plusieurs milliers de personnes à l’évacuation. Ces incendies surviennent au cœur d’une succession de canicules qui frappe le continent depuis mai 2026, phénomène sans équivalent par sa précocité et son intensité.

Le Portugal et la France ont demandé une assistance au titre de la protection civile de l’UE. L’Union a réagi immédiatement en dépêchant des aéronefs spécialisés, des équipes terrestres et des véhicules d’intervention en provenance de Suède, Chypre, Italie et Espagne. Cette mobilisation illustre le fonctionnement du mécanisme européen de solidarité face aux catastrophes naturelles, un outil qui gagne en importance à mesure que les événements climatiques extrêmes se multiplient.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En Suisse, le record de température pour un 5 juillet a été pulvérisé à Locarno avec 34 degrés. En France, 7 départements méditerranéens sont entrés en vigilance orange canicule le 5 juillet, et le 7 juillet, le thermomètre a atteint 40,8 degrés à Moulès-et-Baucels en Hérault. En Espagne et au Portugal, les températures dépassent les 40 degrés. Cet étirement des records n’est pas accidentel : selon les climatologues du CNRS, les températures en Europe auraient été de 2 à 4 degrés moins élevées sans le réchauffement climatique.

Cette succession de crises climat-feu révèle l’urgence d’une Europe mieux préparée. Les canicules se multiplient et s’intensifient. En France, la moitié des vagues de chaleur des 80 dernières années ont eu lieu depuis 2010. La probabilité d’une canicule comparable à celle de juin 2026 aurait été quasi nulle il y a cinquante ans, selon la World Weather Attribution. Les villes comme Paris, Amsterdam et Hambourg ont dû annuler ou reprogrammer des événements publics d’ampleur face aux dangers sanitaires.

L’impact humain s’avère dévastateur. L’Organisation mondiale de la santé a estimé à 1 300 le nombre de décès supplémentaires survenus en Europe entre le 21 et le 28 juin 2026 du fait de la canicule. En région parisienne, la surmortalité a entraîné une saturation des services funéraires, nécessitant la mobilisation de moyens provisoires. Les urgences belges ont connu un afflux comparable, avec un doublement des appels le 26 juin et une saturation des services de gériatrie.

Au-delà de l’intervention d’urgence, ces événements contraignent l’Europe à repenser ses politiques climatiques et énergétiques. Les 2,5 milliards d’euros alloués par l’UE via le système d’échange de quotas d’émissions à des projets d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique témoignent de cette volonté affichée. Mais les incendies de cette semaine rappellent que l’adaptation aux chocs climatiques doit accélérer au même rythme que l’atténuation du changement climatique lui-même.