16 septembre : l’Europe s’apprête à entendre ses priorités pour 2027. Von der Leyen sous pression
La rentrée politique européenne s’annonce cruciale. Le 16 septembre, Strasbourg sera le théâtre du grand rendez-vous annuel où Ursula von der Leyen présentera son discours sur l’état de l’Union devant les députés européens. Un moment qui transcende la routine institutionnelle pour imprimer une direction à un continent confronté à des défis existentiels.
Von der Leyen ne dispose que de quelques jours pour synthétiser les enjeux qui traversent l’UE. Et ils sont nombreux. L’Ukraine reste une plaie ouverte : la question d’une sortie diplomatique de la guerre se pose avec acuité, tandis que l’UE craint de se voir écartée des négociations si un accord survenait sans les Européens ni Kiev. Pour cette raison, les décaissements du prêt de 90 milliards d’euros prévus pour 2026-2027 continueront à soutenir tant la défense ukrainienne que les finances publiques du pays.
Mais l’Ukraine n’est qu’une partie du puzzle. La présidente devra aussi se projeter sur des terrains glissants : la compétitivité de l’Europe face aux États-Unis et à la Chine, un sujet qui hante Bruxelles depuis des mois. Les migrations, toujours épineuses. L’élargissement futur de l’UE. Et un élément qu’aucun dirigeant ne peut ignorer : les fractures internes croissantes au sein des États membres.
Ce discours intervient dans un contexte géopolitique tendu. Si la Commission s’efforce de maintenir l’unité européenne, les tensions s’accumulent sous la surface. Les décisions budgétaires de la fin de l’année approchent, notamment l’arbitrage sur le budget 2028-2034. Les nouveaux réseaux sociaux continuent de fracturer les opinions publiques. Et sur le plan sectoriel, la réforme pharmaceutique, la plus importante depuis plus de vingt ans, doit être finalisée pour améliorer l’accès aux médicaments et prévenir les pénuries qui ont fragilisé l’UE par le passé.
Von der Leyen entrera en scène avec un bilan mitigé. Les trois premières années de son mandat auront vu l’Europe traverser une pandémie, puis une guerre terrestre, puis sa pire crise énergétique en cinquante ans. Elle devra convaincre que la Commission dispose des outils pour répondre à la prochaine urgence, car elle arrive toujours.
