Sefcovic à Pékin : l’UE joue son va-tout contre la Chine pour éviter la guerre commerciale
L’Union européenne entre dans une phase critique de ses relations commerciales avec Pékin. Les discussions entre Chinois et Européens pour tenter d’éviter une guerre commerciale vont s’intensifier cette semaine, avec une visite à Pékin d’un haut responsable de l’UE. Il s’agit de Maros Sefcovic, qui pilote depuis juin le dialogue stratégique avec Pékin.
Les enjeux sont clairs et les marges de manœuvre rétrécissent. Les Européens aimeraient obtenir de la Chine des engagements à réduire volontairement ses exportations dans un ou deux secteurs clés, comme les véhicules hybrides, et un accès renforcé aux terres rares dont Pékin avait restreint les exportations l’an dernier. Ces demandes reflètent des vulnérabilités chroniques : la dépendance technologique de Bruxelles et la saturation croissante du marché européen par les véhicules bon marché chinois.
Le pari du dialogue ou l’arsenal de défense ?
Sefcovic table sur une résolution négociée. Mais le scénario idéal pourrait s’écrire moins facilement que prévu. Selon les experts, si n’est pas possible de trouver une solution par le dialogue dans un secteur en particulier, l’UE ne devrait pas hésiter à utiliser les outils à sa disposition pour protéger son marché intérieur.
Les capitales n’attendent d’ailleurs pas le résultat des négociations pour se préparer au pire. Selon des diplomates européens, les 27 réfléchissent à étoffer leur arsenal de défense, par exemple via une nouvelle procédure, proposée par le président français Emmanuel Macron et qui a été endossée par d’autres pays. Cette démarche, portée par la France, signale que l’UE se dote de nouveaux mécanismes de rétorsion tarifaire plus rapides et plus flexibles.
Le calendrier qui presse
Le timing n’est pas anodin. Pendant que Pékin et Bruxelles s’observent, le contexte géopolitique et commercial se tend ailleurs : les tensions avec Washington, les pressions américaines sur les réserves énergétiques, la fragmentation croissante des marchés. Pour Bruxelles, chaque semaine de diplomatie réussie est une victoire, car elle repousse l’instant où les tarifs punitifs remplaceraient les négociations.
La visite de Sefcovic sera donc scrutée comme un test de la volonté commune d’éviter l’escalade. L’Union européenne, toujours attachée aux règles multilatérales, préfère les leviers commerciaux aux guerres ouvertes. Mais en arrière-plan, elle aiguise ses armes au cas où le dialogue n’aboutirait pas.
