La Suisse pourrait économiser jusqu’à 30 milliards de francs par an en réduisant la bureaucratie, selon une étude
Contexte et potentiel d’économies
Des représentants d’economiesuisse, de l’Usam, de l’Union patronale suisse et de l’Union suisse des paysans ont annoncé, lors d’une conférence de presse à Berne, que la lourde bureaucratie pèse sur les entreprises et les exploitations agricoles.
Selon une étude réalisée par BSS Volkswirtschaftliche Beratung AG et l’institut ifo, plus de 30 milliards de francs de coûts administratifs pourraient être évités chaque année si les procédures étaient modernisées et davantage numérisées. Les auteurs soulignent que des pays comme la Suède et le Danemark affichent des niveaux d’efficacité supérieurs.
Effets sur l’emploi et le PIB
Cette accumulation de règles a des répercussions économiques. L’étude indique qu’une réduction de la bureaucratie, au rythme des États comparables, pourrait se traduire par un PIB par habitant environ 5 % plus élevé aujourd’hui.
Les acteurs économiques et agricoles estiment qu’une baisse nette des charges administratives pourrait libérer l’équivalent de plus de 55 000 emplois à temps plein, actuellement mobilisés par des tâches non productives.
Contexte politique et mesures envisagées
En août, le Conseil fédéral a demandé à plusieurs départements d’élaborer des propositions pour alléger le cadre réglementaire et réexaminer certains projets en cours. Pour les milieux économiques, la phase d’analyse doit désormais laisser place à des décisions concrètes.
Christoph Mäder, président d’economiesuisse, estime qu’il est indispensable de numériser entièrement les interfaces entre entreprises et administration, d’arrêter l’introduction de nouvelles règles en matière de durabilité et de revoir certaines normes environnementales et énergétiques.
Fabio Regazzi, président de l’Usam, rappelle que les PME souffrent davantage que les grandes entreprises d’un système administratif devenu trop lourd. Selon lui, améliorer l’exécution ne suffit pas: il faut aussi supprimer les réglementations jugées superflues.
Réformer le premier pilier
L’Union patronale suisse partage cette analyse et son président Severin Moser souligne que la Suisse n’est plus un modèle en matière de quotient fiscal. Il appelle à une réforme structurelle du premier pilier plutôt que d’augmenter les impôts et les cotisations pour compenser le vieillissement démographique.
Du côté agricole, Markus Ritter, président de l’Union suisse des paysans, dénonce des exigences administratives qui freinent les investissements durables. Il évoque notamment les contraintes entourant la construction de serres ou de tunnels en plastique, jugés efficaces pour améliorer la production et réduire les risques climatiques.
